Relation père-fille, mère-fils: le complexe d’Oedipe

Peu d’étapes dans le développement de l’enfant sont aussi familières à tous. Le complexe d’Œdipe est un stade parfaitement normal et naturel et s’exprime toujours, même s’il n’est pas éminemment reconnaissable. Il est essentiel pour la construction psychique humaine.

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Entre amour et haine

Les petits garçons, comme les petites filles font une projection amoureuse sur le parent de sexe opposé au leur et rejettent l’autre. Ainsi, le petit garçon rêve de devenir le mari de sa mère et la petite fille de prendre la place de sa mère auprès de son père. Ces sentiments peuvent s’exprimer clairement : « Quand je serai grand, je serai le papa », disent classiquement les petits garçons ; « plus tard je me marierai avec papa », renchérissent les filles. Cependant, très souvent, les enfants ne réussissent pas à mettre des mots sur ce qu’ils éprouvent. Ils vivent cette période à l’état de refoulement et la manifestent par des cauchemars et des colères.

Un vrai dilemme

Il faut dire que, malgré cette ambivalence affective, l’enfant reste profondément attaché à son (sa) rival(e). C’est toujours pour lui un être sécurisant, un être digne d’identification. Comment se passer de son papa, fort et protecteur ? Comment se passer de sa maman, alors qu’elle se dévoue entièrement à vous avec une foison de câlins et de baisers ?

On comprend qu’à 3 ans ce mélange de haine et d’amour soit difficilement supportable dans le calme. Il semble que la petite fille ait plus de mal à vivre ce moment que le petit garçon. Comment l’idée de détester sa mère peut-elle être acceptable alors que celle-ci reprédsente tout pour elle ? Ce dilemme quasi permanent explique souvent les nombreuses manifestations d’angoisse qui surviennent à cet âge-là.

La voie de la ressemblance

Il faudra plusieurs années, de l’âge de 3 ans à 7 ans environ, pour que l’enfant réalise que ses désirs ne peuvent s’accomplir, que jamais il ne remplacera son père, que jamais elle n’évincera sa mère. Dans son imagination, il se voit repoussé par l’un et craint les « représailles » de l’autre, beaucoup plus fort et puissant que lui. Alors il fait un autre choix. Il trouve la voie de la ressemblance et renforce son identification au parent de même sexe. C’est vers 5-6 ans que tous les petits garçons éprouvent un plaisir immense à ressembler à leur père et que les filles veulent tout faire comme maman. Ainsi, en étant à l’image de son père, le garçon aura le sentiment d’être aimé de sa mère et, en ressemblant à sa mère, la fille restera très proche de son père.